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Juin 2010

Algérie-USA : la tête et les jambes

Face à l’équipe des États-Unis, Mbolhi, le gardien de but algérien, ne pouvait pas faire plus

Algérie-USA : la tête et les jambes
Abdennacer Oulmi, salon de coiffure La Redoute (ph alfa)

Avant la rencontre, les supporters algériens étaient gonflés à bloc. Yazid était catégorique : « Ce ne sont pas les Américains qui vont nous apprendre à jouer au foot ». Quand Rafik Djebbour, à la 6ème minute, écrase la balle contre la barre transversale, il n’est pas loin d’avoir raison. En quelques minutes, rondement menées, les Algériens affichaient une supériorité évidente : possession de balles, tirs au but, débordement par les ailes, pénétrations par le milieu. L’optimisme se conforta encore plus après que le gardien américain fut soumis à un tir de barrage. A la deuxième mi-temps, les footballeurs algériens commencèrent à faiblir. Toufik, connaisseur du ballon rond, avança l’hypothèse que l’altitude – 1500 mètres – pouvait expliquer les jambes en coton des poulains de Saadane, les Américains ayant pris cette donne en compte. Puis, crescendo, les Algériens semblèrent subir la domination des Américains qui ne semblaient pas avoir de problème de récupération. Ayant repéré les faiblesses de l’attaque algérienne qui jouait seulement sur le flanc gauche où Karim Ziani multipliaient les dribbles solitaires, Bob Bradley apportait des changements salutaires à l’équipe US tandis que Saadane regardait faire sans réagir. Désormais, le jeu était à l’avantage des Américains qui auraient pu scorer plus tôt, n’eut été le sang-froid et la maestria de M’bolhi, le gardien de but algérien, dont les interventions, toujours calmes et précises, évita que le match ne se transforme en Bérézina d’une équipe qui ne sait ni être modeste ni reconnaitre que l’équipe des États-Unis a beaucoup appris depuis 1994. Le fait d’avoir déplacé l’enjeu du match sur le terrain politique poussa des joueurs algériens à vouloir marquer, coûte que coûte, au mépris de toute construction de jeu ou simple tactique.

Ce n’est finalement que tard – trop tard – que Saadane opéra des changements qui semèrent encore plus de trouble dans des esprits déjà passablement brouillés. À la grande surprise de tous, il ne fit pas jouer Boudebbouz, préférant des gloires anciennes qui ne marquent aucun but.

Après la fin du match – les Américains ont marqué dans les dernières secondes de la partie – les supporters algériens étaient partagés.

Abdennacer Oulmi, « les joueurs algériens ont joué mais ont manqué de chance. Mention très spéciale au gardien de but, M’bolhi ». Khaled Nouri, ancien du Nahd et du CRB tranche sèchement : « Une bonne équipe mal dirigée » Et ajoute sur sa lancée : « Les choix tactiques, les remplacements de joueurs, tout cela a mal fonctionné. Saadane a joué le nul alors qu’il fallait miser sur la victoire » Pour Sadek Baha, prostré dans une noire mélancolie à la terrasse du Safir, d la vérité est encore plus crue : « Les joueurs algériens n’ont ni tête ni jambes, ce sont des étalons fous qui courent dans toutes les directions ».

D’autres suppporters rencontrés au hasard des cafés se rejoignent dans une analyse identique. Mohamed Benchabla se veut synthétique : « Nous n’avons pas marqué pendant les matches de préparation, il ne fallait donc pas s’attendre à marquer en Coupe du Monde »

L’Algérie, sortie par la Coupe du Monde, nous rappelle ce proverbe bien de chez nous : « On ne construit pas sur du sable ». Les fondations plantées dans un sol meuble, l’édifice s’est écroulé quand la poussée s’est faite trop forte. Et celui qui a fait s’écrouler le rêve algérien, s’appelle Landon Donovan.



Mustapha Chelfi
Mise en ligne :23/06/2010



 
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