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Janvier 2010

Stephane Handfield, lettre ouverte


Le séisme qui a secoué Haïti et provoqué des dizaines de milliers de morts a suscité un appel afin que le Canada se fasse accueillant pour un grand nombre de rescapé-e-s

Stephane Handfield, lettre ouverte
Stéphane Handfield

À la suite du séisme en Haïti, plusieurs commentaires ont été véhiculés : « Le Canada ne doit pas ouvrir d’avantage ses frontières aux Haïtiens » ou « Tous ces Haïtiens vont bénéficier de l’aide sociale, c’est donc nous qui allons payer pour eux ». Je ne peux demeurer insensible face à ces propos.

D’une part, il convient de préciser que le Canada est signataire de la Convention de Genève relative au statut de réfugié. Avec respect pour l’opinion contraire, je suis d’avis qu’un grand nombre d’Haïtiens et d’Haïtiennes, sont des réfugiés au sens de la Convention. Par conséquent, le Canada, de part ses obligations internationales en matière de protection, se doit d’accueillir et d’offrir la protection à ces personnes.

D’autre part, même si les Ministres de l’immigration, tant à Québec qu’à Ottawa, utilisent leur pouvoir discrétionnaire afin d’élargir la définition de regroupement familiale en matière de parrainage et de permettre à un résident permanent ou à un citoyen canadien de parrainer, un frère ou une sœur se trouvant en sol haïtien, plusieurs d’entres eux refuseront de quitter leur pays et voudront participer à la reconstruction d’Haïti. D’autres n’auront tout simplement pas les moyens financiers de quitter le pays. Une fois que le pays aura retrouvé une certaine stabilité, de ceux que le Québec pourrait accueillir, certains voudront retourner en Haïti. Cela s’est produit dans le passé chez d’autres communautés.

Dans le cadre de ma pratique, je connais très peu d’Haïtiens, demandeurs d’asile, qui bénéficient de l’aide sociale. Ils manifestent rapidement le désir de travailler. Malheureusement, ils ne peuvent le faire sans l’obtention d’un permis de travail délivré par le gouvernement fédéral. Ainsi, même si l’on fait preuve d’une extrême diligence dans la demande de ce permis, il s’écoulera, dans le meilleur des cas, jusqu’à 4 mois, après avoir sollicité l’asile, avant de se voir délivrer le précieux document.

Le Gouvernement fédéral oblige donc, dans une certaine mesure, ces demandeurs d’asile à recourir à l’aide sociale qui, elle, est assumée par le gouvernement du Québec. Évidemment, la grande majorité des Haïtiens refuseront d’avoir recours à cette aide et préféreront épuiser leurs économies où feront appel à la famille ou aux amis.

Alors, détrompez-vous, le peuple Haïtien est un peuple fier et travaillant.

N’ayons pas peur de leur ouvrir notre porte.

Haïtiennes, Haïtiens, citoyens du monde, bon courage…



Me Stephane Handfield, avocat en droit de l'immigration
Mise en ligne :27/01/2010



 
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