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Juin 2016

Le Québec se questionne

Le nombre des nouveaux immigrants que le Québec devrait accueillir fait débat. Au-delà de l’apport démographique des nouveaux arrivants se pose le problème de leur intégration

Combien de nouveaux immigrants le Québec peut-il accueillir chaque année? Philippe Couillard, le premier ministre, pense que soixante mille serait un chiffre adéquat. François Legault, chef de la CAQ (Coalition Avenir Québec) l’a contesté, se demandant si le Québec a vraiment les moyens d’accueillir dix mille nouveaux immigrants de plus par an . Philippe Couillard, agacé, a accusé le chef de la CAQ de «souffler sur les braises de l’intolérance». La plupart des nouveaux immigrants qui arrivent au Québec choisissent, dans une proportion de 80%, de s’installer à Montréal ou dans ses environs immédiats, Laval et la Rive-Sud. Un réflexe bien naturel mais dont pâtissent les régions qui se trouvent désavantagées par rapport à la métropole. Diane de Courcy, ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles, lors d’une rencontre organisée le 16 février 2013 au centre Scalabrini, Montréal, avait insisté sur le fait que le Québec ne pouvait pas continuer d’accueillir, de la même façon, les immigrants. Parmi les solutions proposées pour résoudre cette difficile équation, la ministre du Parti Québécois, avait avancé la solution de la régionalisation afin de décharger Montréal d’un fardeau qui lui devenait de plus en plus difficile à porter. La concentration des immigrants dans la métropole rend plus ardu l’accès à l’emploi alors que les régions sont en meilleure capacité d’en offrir. Kathleen Weill, ministre actuelle du Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), au vu des études et dossiers qu’elle a demandés ou fait établir, a fini par arriver au même constat et retenir un chiffre de cinquante-mille nouveaux arrivants par an plutôt que soixante-mille. Après la sortie de François Legault, Philippe Couillard semble avoir admis la pertinence des chiffres du MIDI et la dure réalité du marché de l’emploi dans une province où les immigrés sont plus pénalisés à ce chapitre que les Québécois de souche; les différences salariales étant plus élevées même si les nouveaux immigrants sont plus scolarisés.

Avec un indice de fécondité de 1.60 enfant par femme, le Québec a vu naitre 86 600 bébés en 2015 soit 1 pour cent de moins qu’en 2014. Ce nombre de naissances ne permet pas d’avoir une incidence sur la croissance de la population du Québec estimée, en 2014, à 8.2 millions d’habitants. Elle pourrait atteindre 9.2 millions en 2056. À cette date, 1.6 millions des Québécois auront 65% et plus, selon l’Institut de Statistique du Québec (ISQ).

La Caisse Desjardins avait «sonné l’alarme» sur ce «choc démographique». La coopérative avait estimé, dans une étude publiée le 13 aout 2008, que le Québec devrait accueillir 300 000 nouveaux immigrants par année pour «stabiliser la population des 15 à 64 ans». Ce chiffre prospectif prend en compte non seulement la baisse de la natalité mais aussi les départs à la retraite ainsi que les postes de travail à combler dans des secteurs qui seront fortement demandeurs. Le chiffre avancé par Desjardins resterait pertinent même si le Québec voyait son taux de fécondité grimper à 2.1. En 2014, le Canada, dans son entier, avait accueilli 260 000 immigrants.



Maya Iskander



Mustapha Chelfi Maya Iskander
Mise en ligne :05/06/2016



 
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