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Février 2012

Arabie Saoudite : Hamza Kashgari risque la peine de mort

Hamza Kashgari, 23 ans, accusé de blasphème pour un dialogue imaginaire avec le Prophète (QSSL) sur Twitter été extradé dimanche 12 février par la Malaisie vers l'Arabie saoudite, où il risque la peine de mort.

Arabie Saoudite : Hamza Kashgari risque la peine de mort
Hamza Kashgari, menacé de peinte de mort en Arabie Saoudite (ph D.R)

Apparemment de longue date dans le collimateur des ultraconservateurs, le jeune homme a été rapatrié à la demande du gouvernement saoudien pour avoir diffusé sur son compte Twitter @Hmzmz, fermé depuis, un dialogue fort peu orthodoxe dans lequel il ose s'adresser directement au prophète Mahomet : "Je dirais qu'il y a des choses que j'aime chez Toi, avait écrit le 4 février, jour du Mawlid Ennabaoui, le microblogueur facétieux, "mais il y a aussi des choses que je déteste chez Toi et ne peux plus comprendre." "Je ne prierai pas pour Toi", avait-il conclu. Une façon singulière de fêter l'anniversaire du prophète, ce que le régime wahabite ne pouvait tolérer. Selon la loi saoudienne, le mécréant risque la peine de mort dans son pays.

Arrivé à Kuala Lumpur jeudi 9 février, Hamza Kashgari, journaliste au quotidien Al Bilad de Jeddah, avait été aussitôt arrêté au comptoir de l'immigration. Les autorités de la Malaisie ont justifié l'extradition de dimanche en arguant du fait que même s'il n'existe pas de traité formel d'extradition entre Ryad et Kuala Lumpur, "la Malaisie extrade les ressortissants recherchés dans leur pays", selon un communiqué assez vague du ministère de l'intérieur. Les Malaisiens ont également fait valoir qu'en tant que pays majoritairement musulman, la Malaisie entretient de bonnes "relations diplomatiques" avec le royaume saoudien.

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Le journaliste qui, selon sa sœur, voulait se rendre en Nouvelle-Zélande pour y demander l'asile politique, n'aurait, de toutes façons, pas pu l'obtenir en Malaisie, où on ne l'accorde à personne, a précisé une source policière.

Une défenseure des droits de l'homme malaisienne, Fadiah Nadwa Fikri, a condamné cette extradition, estimant qu'il s'agit d' "une violation fragrante" de la loi et des droits de l'individu. Pour Christoph Wilcke, de Human Rights Watch, "la Malaisie ne devrait pas se faire la complice [de l'Arabie saoudite] en renvoyant [Kasghari] chez lui", où il a peu de chances de bénéficier d'un procès équitable.



Bruno Philip/Le Monde
Mise en ligne :14/02/2012



 
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