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Mai 2011

Du bourreau et de la victime

L'affaire Dominique Strauss-Kahn soulève bien des questionnements

Du bourreau et de la victime
Dominique Strauss-Kahn (DR)

La couverture médiatique de l’affaire DSK, par les différents organes de la presse française, pose plusieurs questions d’éthique. Depuis l’arrestation du directeur du Fonds monétaire international (FMI), le tout puissant Dominique Strauss-Kahn, aucun mot n’a été soufflé sur la victime présumée de cette scandaleuse affaire. Pourtant, les accusations sont d’une gravité extraordinaire.



Les médias du pays, qui se considère comme le berceau des droits de l’Homme, ont mis plus d’accent sur le traitement, à la limite inhumain, qu’a subit le patron du FMI. Les journalistes français ont été abasourdis du culot de cette justice américaine qui s’est permis d’arrêter celui qu’ils considèrent comme la crème de la crème de leur intelligentsia. Ils se sont souciés davantage de la petite barbe de DSK, de son manque de sommeil apparent et de ses traits tirés lors de sa comparution devant le juge, que de l’état de choc émotionnel dans lequel devait se trouvait sa victime présumée.



Des faiseurs d’opinion et philosophes autoproclamés comme Bernard Henri Levy, connu sous le doux sobriquet de BHL en France, se sont indignés du fait que «le médecin de l’économie mondiale » soit traité comme un quelconque citoyen !



On est en droit de s’interroger sur l’existence dans les geôles françaises de cellules cinq étoiles et de «menottes en soie ou en cachemire» réservées pour des prévenus VIP de la trempe de DSK. Les citoyens sont-ils égaux devant la justice ou existe-t-il une justice à deux vitesses dans le pays de Rousseau ? C’est tout de même infâme pour une république dont la devise n’est autre qu’égalité, fraternité et liberté.



Imaginons une seconde que la supposée agressée soit blonde aux yeux bleus et que l’agresseur soit un jeune noir bien musclé aux cheveux crépus. Les médias et autres intellectuels français de pacotilles se soucieraient-ils alors de sa présomption d’innocence ?



Ont-ils respecté ce principe dans l’affaire « Omar m’a tué », où un jeune Marocain a été condamné, sans preuves, à une lourde peine pour meurtre, avant d’être innocenté des années plus tard ?



Pourquoi ces donneurs de leçons n’étaient-ils pas plus scandalisés par le train de vie extravagant de cet homme de gauche ? Des 3 000 $ dépensés pour une nuit d’hôtel, aux frais d’une institution connue pour ses programmes d’ajustement structurel basés sur l’austérité budgétaire ? Ne fallait-il pas commencer par « serrer sa propre ceinture » quand on s’apprête à s’envoler pour « prêcher les vertus » de l’équilibre budgétaire aux Grecs et aux Portugais ?



Mes pensées vont à Nafissatou Diallo, puisque c’est d’elle qu’il s’agit. En cette matinée de dimanche, elle n’a essayé que de faire son travail dignement, celui de femme de ménage. Mais heureusement, il existe encore une justice au pays de l’oncle Sam. Une justice qui fait fi du culte de la grandeur et qui met sur un pied d’égalité le premier argentier du monde et une petite femme de chambre africaine.

Que justice soit faite!







Amar Dehiles
Mise en ligne :31/05/2011



 
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